Une nouvelle crise, des mois après celle du navire MV Hondius ? Un citoyen franco-argentin, désormais isolé en Espagne, a été testé positif à l’hantavirus, a annoncé le ministère de la Santé ce jeudi 6 août. « Nous ne sommes pas face à un virus présentant une circulation diffuse dans la population », ont immédiatement rassuré les autorités sanitaires.
Un groupe d’experts scientifiques s’est toutefois réuni dans l’après-midi pour « déterminer la conduite à tenir et les mesures de gestion à mettre en place autour de ce cas importé ». Le Parisien fait le point sur la situation.
Porteur de la souche des Andes
L’individu est porteur de la souche des Andes, qui « se distingue par une capacité rare de transmission interhumaine lors de contacts étroits et prolongés », rappelle le ministère de l’Intérieur.
Après une incubation pouvant aller d’une à six semaines, cette souche du virus, particulièrement létale, provoque généralement un syndrome pseudo-grippal associant fièvre, courbatures et fatigue. Les formes graves peuvent évoluer vers une atteinte rénale ou une détresse respiratoire sévère.
Cette souche avait été détectée sur le navire MV Hondius en avril dernier, provoquant une crise sanitaire internationale. Au total, 13 cas dans le monde avaient été confirmés, dont un en France.
Le ministère de la Santé a par ailleurs annoncé ce jeudi que la seule patiente française contaminée sur le bateau était sortie du service de réanimation où elle avait été admise il y a près de trois mois.
Il a visité trois régions françaises
Le nouveau cas d’hantavirus est un homme « domicilé en Argentine », actuellement isolé « avec sa famille » en Espagne, ont indiqué les autorités sanitaires au cours d’un point presse jeudi soir. Il s’agit d’une « personne en voyage touristique qui a transité en France la deuxième quinzaine du mois de juillet ».
« Toutes les mesures de gestion sont mises en place pour retracer les étapes de son voyage sur le territoire national », qui l’a conduit « en Nouvelle-Aquitaine, Normandie et Île-de-France », ont-elles indiqué. Désormais, le patient « ne présente plus de symptômes ».
Le ministère espagnol de la Santé a confirmé dans un communiqué que cet homme allait « bien » et était en isolement en Galice (nord-est). Il s’était présenté aux services médicaux en France en raison de symptômes « très légers », selon cette source citée par l’AFP.
« Le traçage des contacts est mis en place. Ce qui se passera pour les personnes qui ont été en contact à la fois rapprochées et de façon plus distanciée sera précisé dès que les autorités auront pu nous faire part de leurs recommandations », selon les autorités françaises.
L’épisode du MV Hondius clos depuis juillet
Depuis le 25 mai, aucun cas d’hantavirus n’avait été recensé dans le monde. Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’épisode lié au MV Hondius était clos depuis juillet, aucune contamination ne pouvant plus être envisagée après une longue période d’isolement des quelque 650 cas contacts identifiés.
Selon les autorités françaises, le patient franco-argentin a été détecté lors d’un dépistage « systématique », grâce à la « sensibilisation » des médecins depuis l’épisode de hantavirus du MV Hondius.
Le résultat confirmant qu’il s’agissait de la souche Andes n’a été connu que ce jeudi, après le départ du patient pour l’Espagne. « On est face à un patient isolé dont les symptômes ont été extrêmement limités et qui actuellement va bien », a rassuré Nathan Peiffer-Smadja, professeur infectiologue à l’Hôpital Bichat (AP-HP).
« C’est extrêmement rassurant sur le point de la transmission, c’est une situation tout à fait différente de la croisière », selon lui.
Source:
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