Bienvenue dans un monde où le rire n’a aucune limite, pas même celle des cieux. À Athènes, on osait regarder les puissants dieux de l’Olympe droit dans les yeux pour en rire aux éclats. Dans ce récit, Pierre de Lacombe vous emmène aux sources d’une liberté hors du commun : celle de transformer la terreur en comédie.
Le duel du rire entre les dieux et les humains
Mais d’abord, saviez-vous que les dieux grecs étaient les premiers à se moquer de nous ? Pour eux, nos faiblesses et nos malheurs étaient une source de divertissement inépuisable qui les faisait éclater de rire. Mais les Athéniens ne comptaient pas rester de simples spectateurs de cette hauteur. Avec une répartie tout aussi cinglante, ils ont appris à retourner cette arme contre les divinités elles-mêmes.
Aussi avez-vous déjà imaginé qu’un rire vengeur puisse être plus efficace qu’une prière pour affronter le destin ? Plongez au cœur de cette joute verbale où l’humain et le divin se mesurent à coups de moqueries et de provocations. Découvrez comment les mortels ont réussi à ne plus se laisser faire face aux puissances qui les gouvernent et s’armer du ridicule pour en faire force de résistance.
Quand les dieux deviennent notre miroir comique
Puis vous comprendrez ensuite que le secret du rire grec réside dans une vérité surprenante : ces dieux si terrifiants à première vue nous ressemblent bien plus qu’on ne le croit. Ambitieux, jaloux, méchants ou même franchement grognons, les habitants de l’Olympe partagent tous nos défauts.
La seule différence ? Quand ils agissent, ils triomphent presque toujours, alors que nous restons les maîtres de l’hésitation. Sauriez-vous reconnaître vos propres maladresses dans les ruses et les colères de Zeus ou d’Athéna ? En imitant nos combines et nos ruses, les dieux deviennent des figures comiques, presque familières. Et pour cause, découvrez comment les Grecs ont su humaniser le sacré pour mieux l’apprivoiser par l’humour.
Textes cités ou mentionnés
Zeus fait la liste de ses conquêtes féminines devant son épouse Héra : Homère, Iliade, XIV, v. 312-328. Traduction personnelle.Héraclès se moquant des mythes : Euripide, Héraclès furieux, v. 1341-1346. Traduction par Catherine Dubois, Paris, Les Belles Lettres (Classiques en poche), 2018.Présentation de Démos dans Les Cavaliers d’Aristophane, v. 41-43. Traduction par Pascal Thiercy, Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 1997, comme pour les autres passages de la pièce.Dialogue entre Démosthène et Nicias, esclaves de Démos : Les Cavaliers, v. 1-96.
Ouvrages conseillés
Sur Les Cavaliers, les analyses sur le texte, sur la dramaturgie, sur la situation historique de l’oeuvre, proposées en notes à sa traduction de l’ensemble des comédies d’Aristophane par Pascal Thiercy dans le volume de la Pléiade sont extrêmement utiles et éclairantes.Sur la métaphore du vers 90 des Cavaliers que j’ai traduite par « baveux de fontaine à flotte », voir l’analyse du mot inventé par Aristophane krounokhutrolêraios, dans le livre extrêmement précieux de Jean Taillardat, Les Images d’Aristophane. Études de langue et de style, Paris, Les Belles Lettres, 1965, p. 270 s. (= § 482).
Sur la démocratie athénienne :
Moses I. Finley, Démocratie antique et démocratie moderne (1973), trad. par Monique Alexandre, Paris Payot, 1976, Payot et Rivages, 2003, rééditions.Claude Mossé, Au nom de la loi. Justice et politique à Athènes à l’âge classique, Paris, Payot, 2010.Claude Mossé, Regards sur la démocratie athénienne, Paris, Perrin, 2013.Christian Meier, Introduction à l’anthropologie politique de l’Antiquité classique, trad. par Pierre Blanchaud, Paris, Presses Universitaires de France (Collège de France, Essais et Conférences), 1984.Josiah Ober, Mass and Elite in Democratic Athens: Rhetoric, Ideology, and the Power of the People, Princeton, Princeton University Press, 1989.Josiah Ober, The Athenian Revolution: Essays on Ancient Greek Democracy and Political Theory, Princeton, Princeton University Press, 1996.
Sur Cléon :
Philippe Laffargue, Cléon, le guerrier d’Athéna, Bordeaux, Ausonius Éditions, 2013.
La programmation musicale
Arnaud FLEURENT-DIDIER – L’origine du mondeROSALIA – Focu ‘ranni
Source:
www.radiofrance.fr



