L’opérateur historique allemand doit faire face à des problèmes d’infrastructures qui provoquent d’importants retards sur les grandes lignes.
Les chiffres sont douloureux. En Allemagne, le réseau ferroviaire souffre et la compagnie nationale, la Deutshe Bahn (DB) voit sa qualité de service s’effondrer provoquant « une situation dramatique », selon les termes du gouvernement. Le taux de ponctualité des trains longues distances est ainsi en chute libre à 60% contre 62,5% en 2024 et 79% en 2016 (elle est de 78% pour les TGV en France). Ce qui a provoqué le limogeage en août dernier de son PDG, Richard Lutz.
Face à la polémique et aux pressions pour préserver le pouvoir d’achat des consommateurs dans un contexte de hausse des prix du carburant, la DB a décidé de renoncer à toute augmentation tarifaire pendant un an pour ses services longues distances opérés grâce à ces ICE, ses trains à grande vitesse. Rappelons que la SNCF de son côté a décidé d’augmenter de 1% en moyenne les prix de ses TGV Inoui et Ouigo pour 2026.
« À compter du 1er mai, nous maintiendrons les prix des billets ICE stables pendant un an », a annoncé la PDG Evelyn Palla dans le journal Bild am Sonntag. L’augmentation tarifaire habituelle de décembre avait déjà été omise l’année dernière. « Un nouveau départ pour la Deutsche Bahn signifie assumer davantage de responsabilités et définir de nouvelles priorités », poursuit-elle. « La priorité absolue est désormais d’assurer un service optimal et de garantir que les Allemands puissent continuer à voyager à un prix abordable. » La dernière augmentation des tarifs remonte à fin 2024, avec une hausse moyenne de 5,9%.
Situation financière délicate
La situation financière du groupe est pourtant délicate. Alors que la SNCF a enchaîné sa cinquième année consécutive de bénéfices avec un profit de 1,8 milliard d’euros, son homologue allemand a continu » de creuser ses pertes avec en 2025 un troisième déficit consécutif de 2,3 milliards d’euros, en hausse annuelle de 500 millions d’euros. Un déficit principalement alimenté par une dépréciation d’environ 1,4 milliard d’euros chez DB Fernverkehr, le service longue distance justement.
Le gouvernement conservateur s’est engagé à investir plusieurs centaines de milliards d’euros au cours des prochaines années dans la DB notamment pour moderniser le réseau. Le groupe pourra compter jusqu’à la fin de la législature, en 2029, sur 107 milliards d’euros d’aides publiques, dont plus de 20 milliards cette année. La grande partie provient du fonds d’infrastructure spécial de 500 milliards d’euros adopté en mars pour le gouvernement.
Si le consommateur allemand profitera donc d’une stabilité des prix pour la grande vitesse, dans les régions, les augmentations tarifaires sont au contraire assez sensibles. À Berlin-Brandebourg (VBB), le plus important réseau régional, les prix ont augmenté en moyenne de 6% en janvier. Même le fameux DeutschlandTicket, ce pass qui permet de voyager gratuitement sur les lignes locales et régionales, a vu son prix augmenter pour passer à 63 euros contre 49 euros à son lancement.
Source:
www.bfmtv.com



