L’augmentation des quotas restera largement théorique tant que les flux d’approvisionnements resteront perturbés par le conflit au Moyen-Orient.
L’Arabie saoudite, la Russie, et cinq autres pays membres de l’Opep+ devraient convenir d’une légère augmentation de leur production de pétrole ce dimanche 3 mai, pour leur première réunion depuis le séisme provoqué par le départ surprise des Émirats arabes unis. Cette hausse restera toutefois largement théorique tant que le conflit entre les États-Unis et l’Iran continuera de perturber l’acheminement du brut du Golfe.
Les sept membres de l’organisation des producteurs de pétrole réunis ce dimanche sont l’Arabie saoudite, l’Irak, le Koweït, l’Algérie, le Kazakhstan, la Russie et Oman. Avec le départ des Émirats arabes unis, l’Opep+ compte 21 membres, dont l’Iran, mais seuls ces sept États – plus les Émirats – ont participé aux décisions mensuelles de production ces dernières années.
Dans le détail, ces sept pays ont donné leur accord de principe pour relever leurs objectifs de production d’environ 188.000 barils par jour (bpj) en juin, ce qui constituerait la troisième augmentation mensuelle consécutive depuis le début de la guerre contre l’Iran déclenchée par les États-Unis et Israël le 28 février, ont précisé des sources à l’agence Reuters.
Cette mesure vise à montrer que le groupe est prêt à augmenter l’offre dès que la guerre prendra fin. Mais, même après cela, il faudra plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant que les flux ne reviennent à la normale, ont déclaré des dirigeants du secteur pétrolier du Golfe et des négociants mondiaux en pétrole.
« Un événement majeur »
Le blocage du détroit d’Ormuz a propulsé les prix du pétrole à leur plus haut niveau depuis quatre ans cette semaine, au-dessus de 125 dollars le baril, alors que les analystes commencent à prévoir une pénurie généralisée de kérosène d’ici un à deux mois et une flambée de l’inflation à l’échelle mondiale.
La guerre en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz qui en a résulté ont freiné les exportations des membres de l’Opep+ que sont l’Arabie saoudite, l’Irak et le Koweït, ainsi que celles des Émirats arabes unis. Avant le conflit, ces pays étaient les seuls capables d’augmenter leur production au sein du groupe.
La production de pétrole brut de l’ensemble des membres de l’Opep+ s’est établie en moyenne à 35,06 millions de bpj en mars, soit une baisse de 7,70 millions de bpj par rapport à février, a indiqué l’Opep dans un rapport publié le mois dernier. L’Irak et l’Arabie saoudite ont procédé aux réductions les plus importantes en raison de contraintes à l’exportation.
Pour le groupe, le départ des Émirats arabes unis « est un événement majeur », bien plus important que le départ du Qatar en 2019 puis de l’Angola, a estimé Amena Bakr, analyste chez Kpler, lors d’une visioconférence à ce sujet. En plus d’être le quatrième producteur de l’Opep+ en volume, Abou Dhabi dispose de très importantes capacités inexploitées de production, un levier essentiel du groupe quand il doit réguler le marché.
Dès 2021, « les Émirats arabes unis avaient fait part de leurs griefs concernant leurs quotas », souligne Mme Bakr. Le pays a investi massivement dans ses infrastructures ces dernières années et sa compagnie pétrolière nationale Adnoc prévoit une capacité de production de 5 millions de barils par jour d’ici 2027, très au-delà de son dernier quota fixé à 3,447 millions de barils par jour.
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