Un maire des Alpes-Maritimes et son conseil municipal s’inscrivent en maternelle avec leur « doudou » pour dénoncer une fermeture de classe

Lundi, ils seront 38 à s’asseoir aux côtés des élèves dans l’une des classes de maternelles de Breil-sur-Roya (Alpes-Maritimes) : le maire, 18 élus du conseil municipal, chacun accompagnés de leurs « doudous ». Pour protester contre une fermeture de classe, Sébastien Olharan, le maire de la commune, durement touché par la tempête Alex, s’est inscrit avec l’ensemble de son conseil municipal à l’école maternelle de son village, a-t-il annoncé vendredi à l’AFP.

« Lundi à 8h00, avec les 18 autres élus du conseil municipal, nous viendrons tous à l’école du village avec notre sac à dos et notre doudou et nous rentrerons dans l’une des trois classes de maternelle », a déclaré l’élu divers droite. Car l’édile entend bien « montrer ce que ça fait de regrouper 50 enfants dans seulement deux classes », ajoute le maire de la commune située dans l’arrière-pays de Nice.

161 enfants à la rentrée prochaine contre 135 en 2021

En octobre 2020, la commune de Breil-sur-Roya, qui compte 2 400 habitants, avait été sévèrement touchée par la tempête Alex qui avait fait dix morts, huit disparus et des dégâts considérables dans les vallées de la Roya, de la Tinée et de la Vésubie.

L’an dernier, en échange l’an dernier de la « primarisation » de l’école (le regroupement des sections de maternelle et des classes élémentaires au sein d’une école primaire), l’académie avait promis au maire qu’aucune classe ne serait fermée, selon l’édile.

Mais l’inspection académique a finalement décidé de supprimer l’une des huit classes de cette école. Après moult démarches auprès des autorités et des mouvements de protestation des parents d’élèves, le maire a donc décidé d’organiser une action symbolique pour dénoncer cette décision.

« Pour moi, la parole de l’État a une valeur. On pourrait le comprendre si nos effectifs baissaient mais nous aurons 161 enfants à la rentrée prochaine alors qu’ils n’étaient que 135 en 2021 », remarque l’élu.

« Je ne me suis jamais engagé pour les années suivantes »

L’inspecteur d’académie des Alpes-Maritimes, Laurent Le Mercier, table pour sa part sur 145 enfants à la rentrée prochaine. « J’aurais pu dès l’an dernier fermer une classe mais je ne l’ai pas fait pour accompagner la primarisation, et je ne me suis jamais engagé pour les années suivantes », assure-t-il.

« Avec cette suppression de classe, la moyenne de l’école sera à 20,7 enfants par classe contre 20,5 en moyenne pour les zones rurales du département et 22,2 pour le département en général », observe l’inspecteur, qui suggère d’organiser différemment les sept classes restantes de manière à faire baisser la moyenne en maternelle.

Il ajoute ne pas supprimer un poste mais le « transformer en un poste d’enseignant dédié aux élèves allophones ». L’élu réplique que cet enseignant dédié n’intervient qu’en élémentaire et peut être amené à tourner dans les autres villages de la vallée qui accueillent eux aussi des enfants de demandeurs d’asile.


Source:

www.leparisien.fr

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