SociétéY Schools en redressement judiciaire : les écoles Pigier sauvées par leurs salariées...

Y Schools en redressement judiciaire : les écoles Pigier sauvées par leurs salariées à Troyes, Reims et Metz

« On s’est surtout lancées pour nos étudiants ! » Pour Amandine Perey, responsable pédagogique, et Imane El Harif, conseillère formation référente de Pigier Troyes (Aube), il était hors de question de laisser leur école dans l’attente d’une éventuelle reprise extérieure, voire d’une fermeture suite aux difficultés financières et à la mise en redressement judiciaire du groupe Y Schools à Troyes. « S’il n’y avait pas de repreneurs, nos étudiants auraient été redirigés vers d’autres établissements. Ça aurait vraiment été un crève-cœur, parce qu’on est très attaché à eux et surtout à leur réussite », souffle Imane El Harif.

Il faut dire que les jeunes viennent spécifiquement dans cette « Business School » pour son expertise dans l’alternance et dans l’accompagnement des inscrits. « On a un petit peu ce rôle de grande sœur et maman pour certains étudiants, surtout pour les BTS qui sortent fraîchement du lycée », sourit la jeune femme. « Ce ne sont pas des cours théoriques. Ce sont des cours pratiques avec des formateurs qui ont leur entreprise et qui apportent leur expérience… Ils donnent vie au cours », ajoute Amandine Perey.

Un déménagement d’ici un an pour Pigier Troyes

Fort de 240 étudiants, l’établissement peut repartir sur de bonnes bases avec 12 salariés, 23 enseignants vacataires et environ 25 intervenants payés à la prestation, sans suppression de postes. Toutes les formations de bac + 2 à bac + 5 sont maintenues, avec un projet d’ouverture de BTS communication. Actuellement basé dans les locaux de Y Schools, Pigier Troyes va devoir déménager d’ici un an. « Pour la 1ère année, nous allons rester ici. Ça va permettre aux étudiants de faire leur rentrée dans un lieu qu’ils connaissent. Et ça nous laisse le temps de trouver un lieu d’accueil à la hauteur de celui-ci », indique Imane El Harif.

Tout au long du redressement judiciaire, les deux directrices générales ont régulièrement informé les élèves, formateurs et entreprises des avancées du processus de reprise, ce qui a permis de rassurer tout le monde. « Quand la décision finale est tombée, j’ai eu plein de messages, c’était à la fois un soulagement et le début d’une autre aventure », confirme Amandine Perey. Le duo de patronnes s’est appuyé sur les conseils de la franchise Pigier, d’un avocat, d’un cabinet de comptabilité, du Réseau Entreprendre et de l’association Initiatives Aube.

En parallèle, elles ont travaillé leur dossier avec Hélène Thuillier, l’une des trois salariées repreneuses de Pigier Reims (Marne) avec Audrey Louveau et Anne-Sophie Hamon. Il faut dire que le projet marnais ressemble trait pour trait à celui de Troyes : maintien de l’activité, préservation des emplois (huit CDI, trois alternants et 15 CDDU), et stratégie de relance progressive et durable. « Je tenais à remercier l’ensemble des acteurs du territoire qui nous ont soutenues pendant cette période très difficile, ainsi que les formateurs et consultants qui auraient pu lâcher nos élèves en cette préparation d’examens. Cela se reflète déjà dans les premiers résultats, notamment pour les BTS avec 83 % de réussite au global », salue Hélène Thuillier.

« Ce qui nous anime chaque jour, c’est d’être utile aux jeunes »

Créé en 2021, Pigier Reims compte 231 apprenants venus de la Marne, des Ardennes et de l’Aisne « Ce qui nous anime chaque jour, c’est d’être utile aux jeunes : les accompagner dans leur parcours, leur trouver une entreprise, les suivre tout au long de leur alternance et contribuer à leur épanouissement professionnel », rappelle Anne-Sophie Hamon.

Pour Pigier Metz (Moselle), les choses ont été plus compliquées. Sans repreneur en interne et quasiment à l’arrêt depuis le redressement judiciaire au mois de mars, l’établissement était menacé de disparition. Sollicitée par le réseau Pigier France pour qui elle a travaillé durant huit ans, Christie Le Bihan s’est positionnée sur le dossier au mois de juin. « Ça s’est fait à la hâte dans les dernières journées avant la clôture des offres… ça a été un peu rocambolesque quand même », se souvient l’entrepreneuse.

Propriétaire des écoles Pigier de Dijon et Clermont-Ferrand, Christie Le Bihan dispose d’une solide expérience pour relever le défi messin. « Les collaborateurs ont été unanimes pour me dire que cette école valait la peine d’être sauvée puisqu’on a d’excellents jeunes (250), de bons taux de réussite, une équipe pédagogique en place ». La dirigeante va s’atteler à relancer une école avec des effectifs resserrés. Cinq postes ont été supprimés. « J’ai repris les deux responsables pédagogiques et les deux chargés de relations entreprises de l’établissement », précise-t-elle.

L’école de la 2ème chance encore en attente

Du côté de Y Schools, c’est une étape supplémentaire après la validation de l’offre du groupe britannique Global University Systems pour le pôle d’enseignement supérieur et de recherche. « Ce sont des personnes qui connaissent les établissements et la marque Pigier, l’offre de formation, le marché de l’emploi », rappelle Julien Renoult, directeur général de Y Schools. « C’est rassurant pour les étudiants et les entreprises partenaires. Il n’y a pas de rupture de parcours ».

Y Schools, qui a dû se séparer de 19 salariés dont six départs volontaires, espère les reprises de l’école de la 2ème chance dédiée aux jeunes décrocheurs, ainsi que l’ADPS et les activités liées à la formation professionnelle. Le tribunal judiciaire a fixé la date de dépôt des offres au 24 juillet. « La meilleure offre, c’est celle qui a le moins d’impact social », rappelle Julien Renoult.


Source:

www.leparisien.fr

Articles récents

spot_img

Articles récents

Annonce publicitairespot_imgspot_img

« C’est mon dernier recours » : dans les Yvelines, SOS Médecins réserve ses visites à domicile aux plus vulnérables

Depuis 2021, les visites à domicile de jour ont disparu au centre SOS Médecins de Marly-le-Roi (Yvelines). Elles ne sont plus possibles que le...

Commémoration du 11 Novembre dans les écoles : cette nouveauté de la rentrée ne fait pas l’unanimité

Cent huit ans après la fin du conflit, la Première Guerre mondiale s’invite dans les cours de récréation. Dans son dernier message avant les...

« Ce n’est pas une fatalité » : la mortalité infantile ne cesse d’augmenter en France malgré la chute des naissances

Avec 2 690 décès de bébés de moins de 1 an en 2024, la France se classe toujours en queue du triste classement de...