Le pétrole au plus haut depuis l'éclatement du conflit en Iran: le baril de Brent atteint les 126 dollars (un niveau inédit depuis 2022)

Les prix du pétrole flambent et viennent d’atteindre leur pic depuis le début du conflit au Moyen-Orient, alimentés par la perspective d’un blocage durable du détroit d’Ormuz et des ports iraniens évoquée par les États-Unis.

Après avoir approché, mercredi, des niveaux sans précédent depuis l’invasion russe de l’Ukraine, le baril de pétrole Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, a cette fois atteint son pic : il s’est envoyé dans la nuit de 7%, pour atteindre (vers 6h15 à Paris) les 126,41 dollars pour les contrats de juin selon les données de MarketWatch, puis redescendre à 124,64 dollars à 7h30.

C’est le double de son cours avant l’attaque lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février 2026, dont les répercussions se font chaque jour un peu plus sentir pour l’économie mondiale avec le blocage du détroit d’Ormuz. Il s’agit, également, d’un record depuis le 7 mars 2022, où le Brent avait atteint les 139 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison le même mois, gagne 2,38% ce jeudi, pour atteindre les 109,43 dollars à 7h30 (Paris) pour les contrats de juin.

« Aucun signe d’apaisement »

Cette nouvelle flambée intervient après qu’un haut responsable américain a indiqué mercredi que la Maison Blanche envisageait de « poursuivre le blocus actuel pendant des mois si nécessaire ». « Le blocus est un peu plus efficace que les bombardements », a commenté Donald Trump lui-même dans un entretien avec le site américain Axios. Selon les indormations du média, le président américain Donald Trump devrait recevoir jeudi un briefing sur les nouveaux plans d’une éventuelle action militaire en Iran, citant deux sources proches du dossier.

Selon le Wall Street Journal, l’administration américaine envisage d’intensifier la pression sur l’économie iranienne en bloquant davantage les flux maritimes liés à ses exportations pétrolières, une mesure qui pourrait accentuer les tensions sur l’offre mondiale. Et ce, alors que Téhéran maintient son propre blocage du détroit pour les navires pétroliers voulant en sortir.

« Le contexte géopolitique ne montre aucun signe d’apaisement (…). Les capacités de stockage saturent (dans le Golfe), les exportations sont limitées et le risque ne se limite plus à la simple perte d’approvisionnement, mais englobe désormais la baisse durable de production », avertit Stephen Innes, de SPI Asset Management.

« Lorsque le pétrole brut ne peut plus circuler, les puits ferment, et lorsque cela se produit en situation de crise, la remise en service n’est ni immédiate ni garantie. C’est ainsi qu’une perturbation temporaire se mue en un problème plus structurel », souligne-t-il.

« Le marché ne semble pas encore intégrer pleinement la détérioration potentielle des fondamentaux qu’un conflit prolongé au Moyen-Orient pourrait entraîner », abonde Anthony Kettle, gestionnaire chez RBC Bluebay Asset Management, cité par Bloomberg.

Par ailleurs, l’annonce des Emirats Arabes Unis de leur sortie de l’OPEP, l’organisation des pays producteurs de pétrole, ne devrait pas bouleverser le marché mondial à court-terme. Et le pays l’avoue lui-même: cette décision reflète surtout sa « vision économique et stratégie de long terme ».


Source:

www.bfmtv.com

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