En avril 2026, sur un plein de gazole de 50 litres, le consommateur a payé 112 euros sur lesquels « la marge nette de la distribution représente environ 1,50 euro seulement », selon la FCD, chiffres du gouvernement à l’appui.
« Ce n’est pas sur le carburant que les distributeurs font leurs marges »: lors d’une conférence de presse jeudi à Paris, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a appelé le gouvernement à regarder plutôt du côté des raffineurs. En avril 2026, sur un plein de gazole de 50 litres, le consommateur a payé 112 euros sur lesquels « la marge nette de la distribution représente environ 1,50 euro seulement », selon la FCD, chiffres du gouvernement à l’appui.
« Les marges (des distributeurs) ont été tenues », a assuré jeudi Judith Jiguet, déléguée générale de l’organisation professionnelle, au lendemain de la publication par le gouvernement de chiffres sur le sujet, alors que la question d’à qui profite la crise des carburants est de plus en plus discutée, notamment depuis l’annonce des importants profits dégagés par Totalenergies au premier trimestre.
« Ceux qui font leur marge, ce sont les indépendants ou les majors », a dénoncé Judith Jiguet qui accuse le gouvernement de monter un discours de « fantasme de la marge pour qu’on ne regarde pas les taxes ».
Le gouvernement « a passé deux mois et demi sur les marges des distributeurs, (…) peut-être que maintenant, il peut réfléchir au prix de vente des raffineurs », a-t-elle proposé. Le prix de l’essence en France a atteint mercredi un record depuis le début de la guerre au Moyen-Orient mais les marges brutes des distributeurs de carburant en France ne se sont pas envolées, a confirmé le ministère de l’Economie le même jour, en dévoilant les chiffres du suivi mis en place pour assurer « la transparence » sur l’évolution des prix à la pompe depuis le début de la guerre dans le Golfe.
Vers une reprise des négociations commerciales
Judith Jiguet s’est également exprimée sur la question de l’éventuelle réouverture des négociations commerciales entre distributeurs et fournisseurs agro-alimentaires, indiquant avoir « fait le tour de (ses) adhérents: il n’y a pas de demande généralisée (de réouverture des négociations) hormis sur les sacs-poubelle et le papier toilette ».
Chaque année, distributeurs et industriels mènent des négociations, parfois brutales, qui déterminent les prix en rayon des produits. Mais en 2026, celles-ci se sont achevées juste avant l’éclatement de la guerre au Moyen-Orient, qui a provoqué une flambée des prix du pétrole, du gaz, mais aussi des emballages, des engrais et du gazole agricole. Un rendez-vous est prévu lundi au ministère de l’Agriculture pour évoquer une éventuelle reprise de ces négociations.
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