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Généalogie : des archives aux tests génétiques

Parfois, c’est un papier jauni par le temps qui attire notre attention, une légende familiale qui précipite nos recherches ou encore l’absence d’information justement qui nous pousse à enquêter. Toutes les raisons sont bonnes pour faire sa généalogie. Et c’est bien le point de départ de notre grand reportage.

À Hauterives, dans la Drôme, Anne-Cécile Pigache ne compte plus ses archives personnelles. Généalogiste amatrice depuis une dizaine d’années, les lettres et les actes de naissances conservés de ses ancêtres sont autant d’indices pour reconstituer leur trajectoire. Des paysans au médecin ruiné de la famille, ces parents éloignés forment une galerie de personnage. Et tout de suite l’Histoire prend une autre dimension, « plus humaine » nous raconte-t-elle. « Pas de quoi être fière » pour autant d’un parent éloigné, car ces parcours de vie, elle n’y est pour rien rappelle-t-elle.

La généalogie, une façon de redonner une identité à des individus effacés

On cherche des ancêtres par goût de l’Histoire, comme Hadrien Brunet-Peiffer, jeune généalogiste d’une vingtaine d’année. Mais on cherche aussi parce qu’on a besoin de connaître sa propre histoire, complète Murièle Ochoa-Gadaut, généalogiste familiale, vice-présidente de la Chambre des généalogistes professionnel. Mais attention : les secrets et les mauvaises surprises sont aussi au bout de cette quête d’origines prévient-elle.

C’est aussi pour honorer et ne pas oublier les vies de nos aïeux que l’on commence un arbre. À Paris, l’association CM98 aide ceux qui cherchent à retracer le parcours d’un ancêtre esclave, à l’image de Marie-Jo. Et l’enquête est ardue : « Ce n’est qu’à l’abolition de l’esclavage en 1848, que les personnes réduites à l’esclavage ont eu un nom de famille », nous explique Béatrice Farouil, responsable de l’atelier de généalogie de l’association.

Grâce à la numérisation des archives, les recherches sont facilitées ces dernières années. D’ailleurs, des projets participatifs comme Familles Parisiennes – dont font partie Annie Gaillandre et Richard Rouas – s’attellent à numériser les liasses d’actes notariés aux Archives Nationales. Car les sources documentaires sont nombreuses en France, confirme Christophe Becker, patron de Geneanet, site internet de généalogie, aux 5 millions de visiteurs par mois.

Près de 2 millions de personnes ont réalisé un test génétique à des fins personnelles

Même si certains documents sont disparus à jamais. Par exemple, à Paris, les actes de naissance, véritable point de départ d’une recherche, manquent en grande partie, après l’incendie de l’Hôtel de ville, durant la Commune en 1871, explique le conservateur du patrimoine Boris Dubouis, aux archives de Paris.

Remonter le fil de son histoire, c’est donc se heurter à des trous, des manques de documents. Et c’est d’autant plus violent lorsque l’on est né sous X, et où l’accès à des informations sur son origine est quasiment impossible. C’est pourquoi certains ont recours aux tests génétiques, illégaux en France. C’est le cas d’Erik Pilardeau, co-fondateur de l’Association nés sous X, d’ici et d’ailleurs, qui plaide pour la légalisation de ces tests, face à la détresse de personnes nés sous X qui ne disposent pas d’information sur leurs parents biologiques.

Les tests génétiques permettent de découvrir des liens de parentés avec d’autres usagers de ces tests, dont les données sont principalement hébergées aux États-Unis. Erik Pilardeau a ainsi appris l’existence de son frère, qui a grandit de l’autre côté de l’Atlantique, aux États-Unis. Une découverte qui a bouleversé sa vie.

Quid de nos données personnelles ?

Malgré l’illégalité de ces tests en France, de nombreux français ont bravé l’interdit. Nous serions même 2 millions. C’est pourquoi la député Ensemble pour la République, Natalia Pouzyreff souhaite l’autorisation de ces tests, pour garantir l’accès aux origines de tous et pour mieux protéger nos données personnelles, en soumettant les entreprises américains au RGPD.

Ces données ADN fournies illégalement, intéressent enfin le ministère de la Justice. Dans son projet de loi SURE, Gérald Darmanin souhaite avoir recours à la généalogie génétique pour résoudre des Cold Case. Une technique qui fait déjà ses preuves d’après l’avocat Didier Seban. Mais dans quelle société nous ferait basculer ce projet de loi ? Éléments de réponse avec la sociologue et biologiste Joëlle Vailly.

Découvrez aussi la série audio tirée de ce Grand Reportage


Source:

www.radiofrance.fr

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