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"Les prix du pétrole s'effondrent", "un record absolu de 19 millions de barils ont quitté le détroit": Donald Trump fanfaronne alors que le trafic maritime reprend dans un détroit d'Ormuz qui pourrait rester sous contrôle de l'Iran

Près de quarante navires ont effectué la traversée du détroit lundi, soit un tiers du trafic habituel. Si les cours du pétrole sont orientés à la baisse, l’amélioration de la situation reste précaire et Téhéran persiste à revendiquer un contrôle sur cette artère cruciale de l’économie mondiale.

Le trafic reprend doucement dans le détroit d’Ormuz. Au moins 37 navires de matières premières ont effectué la traversée lundi, un trafic maritime record depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, selon les données de la plateforme Kpler, près d’une semaine après la conclusion d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran. En ajoutant les porte-conteneurs, au moins 42 navires commerciaux ont franchi le détroit lundi, selon le fournisseur de données de navigation AXSMarine.

« Hier, 19 millions de barils de pétrole ont quitté le détroit d’Ormuz, un record absolu. Les prix du pétrole s’effondrent et le monde est bien plus sûr! », se félicite Donald Trump sur son réseau social ce mardi.

Toutefois, ce trafic ne représente qu’un tiers des franchissements en temps de paix (environ 120 par jour). Pendant la guerre, du 1er mars au 14 juin, moins de 10 navires de matières premières en moyenne franchissaient le détroit chaque jour. « La prudence demeure de mise », précise toutefois Kpler.

« De nombreux navires continuent d’emprunter les routes iraniennes et les routes secrètes, tandis que le déminage reste incomplet. En l’absence de nouvelles attaques physiques depuis le 10 juin, mais malgré une diplomatie toujours fragile, la réouverture du détroit entraîne une reprise, probablement inégale », poursuit-elle.

Téhéran continue d’affirmer que l’administration du détroit « ne redeviendra jamais ce qu’elle était avant la guerre », a réitéré Mohammad Bagher Ghalibaf, qui représente l’Iran dans les négociations avec les États-Unis, selon des propos rapportés par l’agence officielle Irna. « L’Iran administrera » le détroit, a-t-il martelé. Dans un communiqué commun publié mardi, Oman et l’Iran — les deux pays qui bordent le détroit — ont annoncé se pencher sur les coûts de sa future gestion.

Les deux pays, « en tant qu’États riverains, ont réaffirmé leur engagement à maintenir un passage sécurisé à travers le détroit (…) tout en soulignant leur souveraineté et leurs droits souverains sur leurs eaux territoriales », selon ce texte publié mardi à l’issue d’une visite à Mascate d’une délégation iranienne. À ce stade, le protocole d’accord, signé la semaine dernière par Washington et Téhéran, prévoit la réouverture sans frais du détroit.

Le pétrole continue sa décrue

Malgré les nombreux points en suspens, les cours du pétrole sont nettement orientés à la baisse. Le prix d’un baril de Brent, pour livraison en août, se situe ce mardi à un peu moins de 78 dollars, soit sous la moyenne observée ces cinq dernières années (80,6$) marquées par deux chocs majeurs sur les hydrocarbures (guerre en Ukraine et au Moyen-Orient). De la même manière, les prix des carburants baissent tout en restant à un niveau plus élevé qu’avant la guerre.

Du côté de l’offre, les voyants s’améliorent. En plus du début de reprise du trafic maritime dans le détroit, les oléoducs saoudiens et émiratis exportent nettement plus de pétrole qu’avant le début du conflit. De plus, l’administration Trump a levé — pour 60 jours — ses sanctions sur le pétrole iranien et les réserves stratégiques continuent à être libérées.

Du côté de la demande, la Chine continue à contenir ses importations. Depuis le début du mois de juin, ses achats de pétrole brut s’établissent à 5,3 millions de barils par jour, soit une baisse de 50% par rapport aux importations enregistrées avant la guerre, selon des données du cabinet Vortexa rapportées par Bloomberg. Le ralentissement de l’économie mondiale devrait également modérer la demande d’or noir.


Source:

www.bfmtv.com

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