LifestyleSébastien Vaniček : interview du réalisateur de Evil Dead Burn

Sébastien Vaniček : interview du réalisateur de Evil Dead Burn

Sébastien Vaniček a l’allure d’un boxeur. Bonnet sur la tête, lunettes épaisses, hoodie noir large, le réalisateur, qui a conservé une imposante carrure héritée de sa longue liaison avec le rugby, débarque à notre entretien avec la même énergie qu’un combattant se préparant à un grand duel. La commande qu’il passe dans la brasserie parisienne où nous nous retrouvons entretient cette image : on s’attend à ce qu’il déguste une belle entrecôte, mais il commande quelques timides œufs mayo (sans mayo) et une chope de kombucha dont il demande précisément la composition à une serveuse aussi surprise qu’attentive à délivrer les bonnes informations. “On essaye de faire au mieux pour que le corps tienne la route durant cette période”, avoue-t-il dans un sourire qui dissimule péniblement une certaine nervosité.

Nous le rencontrons, en ce début de mois d’avril, au moment où il se retrouve sur tous les fronts pour achever dans les temps son second long métrage, Evil Dead Burn, le sixième volet de la franchise horrifique créée par Sam Raimi en 1981, et accessoirement son premier film hollywoodien. “On aurait dû achever le montage il y a un mois mais on a dû retourner certaines images, pour s’accorder avec les demandes de certains spectateurs. Je travaille en parallèle avec l’équipe du son, de la musique et des effets spéciaux. Le marketing est entré dans la danse, avec un trailer à monter et un poster à imaginer. Ça devient très sportif.”

Le metteur en scène a parfaitement conscience qu’il est attendu au tournant par une grande partie de la communauté du cinéma de genre francophone. Il y a à peine trois ans, le Francilien s’était fait remarquer avec Vermines, dans lequel des araignées en bande très organisée envahissaient une tour de cité et répandaient le chaos partout où elles tissaient leur toile. Produit sans stars mais avec un goût prononcé pour l’image qui tache, le film a connu une carrière fructueuse dans les grands festivals de cinéma de genre ainsi que dans les salles françaises (environ 270 000 entrées). Cerise sur le gâteau : deux nominations aux César, dont celle du meilleur premier film.

À l’automne 2023, le triomphe de Vermines au Fantastic Fest d’Austin, au Texas, l’une des places fortes du cinéma fantastique américain, attire instantanément la curiosité des grands studios. Dès lors, le téléphone du Français se met à vibrer très souvent. “Mon agent m’a conseillé d’accepter des rendez-vous, donc j’ai enchainé les Zoom et j’ai reçu des scénarios pour des ‘Conjuring 17’ ou d’autres films de ce type. J’ai tout refusé parce que je ne voulais pas me cramer aux États-Unis. J’aime l’aspect sensoriel des films d’horreur mais je ne me voyais pas faire que cela.”

© Matt Klitscher


Source:

www.gqmagazine.fr

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