Chaque été, une date revient dans les médias : le jour du dépassement. Cette année, il tombe le 30 juillet. À partir de là, l’humanité a consommé toutes les ressources que la Terre peut régénérer en un an.
Derrière cette date se cache un indicateur créé il y a plus de trente ans : l’empreinte écologique. Imaginée dans les années 1990, elle compare notre consommation de ressources à la capacité de la planète à les régénérer. En 2006, le Global Footprint Network transforme ce calcul en une date, le jour du dépassement. Plus notre empreinte dépasse la biocapacité de la Terre, plus cette date arrive tôt.
À l’époque, c’est une révolution, c’est le premier indicateur de ce genre. Mais au fil des années, les chercheurs lui reprochent de résumer des pressions environnementales très différentes en un seul indicateur. Car le fonctionnement de la Terre ne dépend pas uniquement des ressources que nous consommons.
Alors en 2009, une vingtaine de chercheurs réunis autour de Johan Rockström proposent un nouveau cadre : les limites planétaires. L’idée n’est plus seulement de mesurer ce que nous prélevons dans la nature, mais d’identifier les grands équilibres qui rendent la planète habitable. Climat, biodiversité, eau douce, cycles de l’azote et du phosphore, océans, changement d’usage des sols, pollutions chimiques… neuf processus sont identifiés, chacun associé à un seuil à ne pas dépasser. Aujourd’hui, 7 des neufs limites planétaires ont été dépassées, ne restant que la couche d’ozone et la pollution de l’air.
Sciences et Avenir a interrogé Natacha Gondran, professeure à l’Institut Fayol de Mines de Saint-Étienne, chercheuse dans l’UMR Environnement ville société pour mieux comprendre le cadre des limites planétaires et ses différentes déclinaisons.
Source:
www.sciencesetavenir.fr




