Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) creuse l’écart. Derrière lui, les conservateurs du chancelier Friedrich Merz, toujours très impopulaires sont de plus en plus distancés. Ce sont les derniers résultats de l’enquête allemande de l’institut « Infratest dimap » publiée jeudi par le groupe audiovisuel ARD.
Le parti d’Alice Weidel avait déjà obtenu un score historique de 20,8% aux dernières élections législatives de février 2025. Elle récupère cette fois 28% des intentions de vote, soit son meilleur résultat dans ce baromètre politique. Elle compte ainsi sept points d’avance – son plus large écart dans ce baromètre – sur le bloc conservateur CDU/CSU. Avec ses 21%, l’alliance des deux droites recule d’un point, se rapprochant de son pire score.
Un tiers favorable à une coopération avec l’extrême droite
Derrière, les scores restent à peu près stables. Les écologistes (15%) mènent légèrement à gauche devant les sociaux-démocrates (12%), alliés des conservateurs au sein du gouvernement, et la gauche radicale (11%). Tous les autres partis restent sous la barre des 5%.
« Infratest dimap » a interrogé 1 300 personnes ayant le droit de vote entre lundi et mercredi. La marge d’erreur est de deux à trois points de pourcentage. Deux autres sondages publiés mardi ont donné exactement les mêmes valeurs et la même avance pour l’extrême droite sur la droite.
L’avis concernant l’attitude à adopter vis-à-vis de l’AfD varie quant à elle. Un peu moins d’un tiers sont favorables à une coopération avec le parti, mais il s’agit majoritairement de sympathisants de l’AfD. Un peu plus d’un tiers estiment que la coopération devrait être décidée au cas par cas. Seuls 37 % rejettent catégoriquement toute coopération avec l’AfD.
Les sondages électoraux restent néanmoins toujours soumis à des incertitudes. « Entre autres, le déclin de l’affiliation politique et la tendance croissante des décisions de vote à court terme compliquent la tâche des instituts de sondage pour pondérer les données recueillies. Fondamentalement, les sondages ne reflètent que l’opinion publique au moment de l’enquête et ne constituent pas des prédictions des résultats électoraux potentiels. », rappelle le quotidien allemand Der Spiegel.
Les scrutins régionaux s’approchent
Ces tendances se renforcent à un mois de trois scrutins régionaux dans la partie orientale du pays, bastion électoral de l’AfD, où celle-ci espère diriger un Land pour la première fois, en Saxe-Anhalt, et ce malgré le « cordon sanitaire » décrété par les autres partis à son encontre.
Friedrich Merz, à l’impopularité record après quinze mois au pouvoir, ne satisfait que 14% des sondés, soit un point de plus que le mois précédent, pour 84% d’insatisfaits. La satisfaction générale à l’égard du gouvernement reste au plus bas, à 13%.
Le remaniement gouvernemental décidé fin juillet par le chancelier, dans la foulée de la démission du chef de son groupe parlementaire, Jens Spahn, emporté par une controverse sur la gestation pour autrui, a engendré une grogne au sein de son propre parti, mécontent du limogeage du ministre des Transports. Le chef des conservateurs a promis une meilleure communication sur la forme, et sur le fond, « une nouvelle impulsion » et « une nouvelle dynamique ».
Source:
www.leparisien.fr




