À la Une: Donald Trump est-il en train de perdre la main?

« Troisième mois de guerre au Moyen-Orient, et déjà, le parfum entêtant des impasses stratégiques (…) la posture du matamore a vécu. Elle se fracasse sur la réalité d’un régime iranien que l’on disait affaibli », remarque Bruno Jeudy, dans son éditorial pour la Tribune Dimanche, alors que cette semaine, les hebdomadaires français s’interrogent sur les capacités de Donald Trump à rebondir.

« Trump, le début de la fin ? » interroge l’Express, qui compare la guerre au Moyen-Orient à la guerre du Vietnam.  « En un sens, c’est déjà bien pire », constate Jacob Heilbrunn, qui dirige la revue de géopolitique américaine The National Interest. « Car si le Vietnam était un problème isolé qui ne fragilisait ni l’économie mondiale, ni le leadership des États-Unis, les choses sont différentes avec l’Iran (…). Ce conflit annonce peut-être le déclin de l’impérialisme américain. »

Le politologue Larry Sabato, lui aussi interrogé par l’Express, estime de son côté que « si la situation actuelle perdure jusqu’en septembre, l’addition sera salée pour les candidats républicains lors des midterms (les élections de mi-mandat) de novembre ». Dans le Nouvel Obs, Pierre Haski estime lui que « Trump a perdu la main ». « La belle mécanique s’est enrayée », souligne l’éditorialiste qui voit lui aussi arriver les élections de mi-mandat en novembre alors que, dit-il, « s’installe le sentiment que le président n’est pas imbattable ».

L’élection présidentielle en France vue par les médias étrangers

En France, l’élection présidentielle n’aura lieu que dans un an, mais Courrier international remarque que « la course pour 2027 passionne déjà la presse européenne ». Premier exemple, le Temps, en Suisse, voit « une France écartelée en quatre parts (si ce n’est plus) irréconciliables et bien définies », avec « des centres-villes sociaux-démocrates pour ne pas dire bobos » (bourgeois bohêmes) « des bourgeois de province conservateurs », « des lieux reculés ou délaissés, penchant à l’extrême droite et les banlieues à l’extrême gauche » ».

En Suède, le Dagens Nyheter s’en prend particulièrement à Jean-Luc Mélenchon, le chef de la France insoumise, estimant qu’il est « l’un de ces vieux réactionnaires imperturbables qui glorifient leur époque dans l’extrême gauche et se comportent comme s’ils savaient toujours tout, mieux que tout le monde ».

Aux États-Unis, The Nation remarque que « les électeurs progressistes semblent désirer ardemment une campagne qui associe des appels à des réformes de base et une dénonciation du statu quo ». Tout en ajoutant : « Une candidature commune semble peu probable ».

Vincent Bolloré, « un prédateur »

Le monde de l’édition est toujours en ébullition, en France, après l’éviction par Vincent Bolloré d’Olivier Nora, l’éditeur historique de la maison Grasset. À vrai dire, la polémique a désormais dépassé le simple monde de l’édition, et se retrouve cette semaine en Une du Nouvel Obs, avec ce titre : « Vincent Bolloré, le rapt de la culture » ou « comment le milliardaire resserre son emprise réactionnaire ».

Le Nouvel Obs résume les faits en quelques mots : « Médias, cinéma, édition… Depuis dix ans, le milliardaire breton s’est lancé dans une croisade acharnée pour faire gagner les idées d’extrême droite. Dernière victime en date : Olivier Nora, PDG de Grasset, brutalement limogé. Solidaires, plus de 200 autrices et auteurs ont claqué la porte de la prestigieuse maison d’édition et revendiquent les droits de leurs œuvres ».

Le Nouvel Obs énumère également les médias et les maisons d’édition dont Vincent Bolloré a pris le contrôle : « Canal + en 2015, I-Télé (devenue Cnews) en 2016, Europe 1 en 2021, Plon en 2021 également, Paris Match en 2022, puis le Journal du Dimanche en 2023 ». Et bien sûr les maisons d’édition Grasset, Fayard, et Prisma Presse, ces dernières années.

Pour le Nouvel Obs, Vincent Bolloré n’est pas « un mécène éclairé », mais « un prédateur, décidé à fabriquer l’opinion avec, en tête, un agenda politique (…) Il s’est donné les moyens de peser sur l’élection présidentielle de 2027 ». 

Un jeune coureur plein d’avenir

Le Parisien Dimanche fait sa Une avec un visage juvénile et souriant. « Retenez bien son nom », s’exclame le journal. Il s’appelle Paul Seixas, et « à seulement 19 ans, le Français enchaîne les exploits et devrait être l’attraction du prochain Tour de France. En attendant, il va se mesurer ce dimanche au Slovène Tadej Pogacar, lors de Liège-Bastogne-Liège ».

Il est, nous dit le Parisien Dimanche, « un prodige du cyclisme comme la France n’en espérait plus (…) celui qui effacera un jour des décennies de disette tricolore au palmarès du Tour de France ». Et ce ne sont pas les qualités qui manquent à celui qui vient de remporter la Flèche Wallonne : « Paul Seixas ajoute à son talent de cycliste une intelligence « situationnelle », explique le Parisien Dimanche, une maturité remarquable, une capacité à switcher du français à l’anglais ». Il est « la tête et pas seulement les jambes », s’exclame encore le journal pour lequel « Paul Seixas est l’ado qui va nous faire aimer le vélo ». 


Source:

www.rfi.fr

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