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« À qui appartiennent ces œuvres ? » : le destin des biens culturels spoliés par les nazis au cœur d’un nouvel espace au musée d’Orsay

C’est un nouveau geste important dans l’histoire des œuvres MNR. Ce mardi 5 mai, le musée d’Orsay a inauguré pour la première fois en son sein un espace consacré exclusivement à des œuvres spoliées pendant la Seconde Guerre mondiale, encore non réclamées par leurs propriétaires ou leurs ayants droit.

Celui-ci se situe dans la partie nord-est du musée, au sein du pavillon Amont. Une étape historique car jusqu’ici seul le Louvre avait ouvert en 2017–2018 un espace dédié – les salles 601 et 602, dans l’aile Richelieu.


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« Derrière cette question simple, se dresse une interrogation parfois douloureuse, qui convoque à la fois la mémoire, l’enquête et l’espoir de justice. »

Annick Lemoine

Les visiteurs y trouveront des toiles d’Auguste Renoir, Edgar Degas ou Eugène Boudin, mais aussi d’artistes moins connus. « À qui appartiennent ces œuvres ? » : le titre sous lequel elles sont toutes regroupées sonne autant comme un avis de recherche qu’une injonction à ne pas oublier. « Derrière cette question simple, se dresse une interrogation parfois douloureuse, qui convoque à la fois la mémoire, l’enquête et l’espoir de justice », a expliqué la présidente du musée, Annick Lemoine, lors de sa présentation de la salle à la presse.

Les treize œuvres qui y sont exposées ne sont que la partie émergée de l’iceberg, le musée d’Orsay conservant encore 225 œuvres répertoriées sous l’appellation MNR (« Musées nationaux récupération »). En France, environ 100 000 biens culturels ont été déclarés confisqués ou achetés (en profitant donc d’individus menacés) à des personnes juives pendant l’Occupation – en sachant que beaucoup n’ont pu être déclarés.

Salle du musée d’Orsay : À qui appartiennent ces oeuvres, 2026

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© musée d’Orsay / Laëtitia Striffling-Marcu

Sur les 61 000 biens retrouvés à la fin de la guerre, 45 000 avaient été rendus à leurs propriétaires ou ayants droit. Un grand nombre des biens restants, non réclamés et de moindre valeur, avaient été vendus aux enchères par l’État français dans les années 1950. 2 143 œuvres avaient, quant à elles, été confiées aux musées français et cataloguées comme MNR. Depuis 1950, entre 180 et 200 d’entre elles ont été restituées à leurs ayants droit. Il en reste encore un peu moins de 2 000 dans nos musées, qui en exposent certaines avec des cartels spécifiques mais dispersées dans leurs collections permanentes. Seuls Orsay et le Louvre– qui conserve à lui seul environ 1 700 œuvres MNR – leur consacrent des salles.


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Un cadre juridique plus favorable aux restitutions

Plusieurs mesures ont été prises en France ces dernières années pour simplifier la restitution de ces œuvres orphelines. En 2019, une mission a été créée au sein du ministère de la Culture afin de renforcer les recherches sur les provenances, l’identification restant souvent un défi. Depuis 2023, une nouvelle loi-cadre permet également aux œuvres spoliées présentes dans les collections publiques, mais non enregistrées comme MNR, d’être restituées plus facilement.

Sans jamais pouvoir effacer les horreurs commises et l’assassinat de millions d’individus, ces gestes réparateurs demeurent nécessaires. Mais tous les pays ne font pas les mêmes efforts dans ce sens. Ainsi, à l’étranger, notamment aux États-Unis et en Autriche, il existe plusieurs cas de refus de restitutions, ou de tentatives de blocage juridique. En Pologne, a même été adoptée en 2021 une loi limitant fortement les possibilités de restitution des biens spoliés, même clairement identifiés.


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Source:

www.beauxarts.com

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