Première diffusion le jeudi 16 avril 2026
« Au début, c’est dur de réaliser qu’on est en sécurité ». Originaire de Gaza, Samma, la trentaine, a trouvé refuge en France depuis un an et demi. Comme tous les étudiants exilés qui ont intégré le dispositif Hérodote, cette artiste palestinienne s’efforce de penser et de créer malgré la guerre même si son esprit est toujours avec ses proches coincés à Gaza. « C’est très dur de me dire que ma famille est la bas pendant que je fais de l’art, ici. C’est une manière de survivre, continuer à créer, comme avant. Mais en pensées, je suis toujours avec eux. Vivre ici et continuer à faire de l’art, c’est reconnaître la chance que j’ai de survivre ».
Le programme permet à ces artistes de se reconstruire. De leur côté, ils enrichissent l’école par leurs pratique artistiques, explique Sepide, jeune artiste peintre iranienne. « Quand je suis venue en France, j’avais beaucoup de courage, beaucoup d’énergie pour être artiste. Notre culture iranienne est très poétique. Il y a beaucoup de dessins, de formats romantiques, très poétiques. J’essaie de l’utiliser ». Sepide aura l’occasion de montrer ses œuvres au public, comme tous les étudiants du dispositif Hérodote.
Les étudiants préparent les concours des écoles d’art
Sophie Marino, la responsable du programme, explique : »Ils ont la possibilité de faire deux expositions dans l’année pour montrer leur travail. Ce qui compte pour des artistes, c’est de pouvoir produire et de montrer leur travail. Ils ont aussi la possibilité d’assister comme auditeurs libres à des cours d’enseignement théoriques réservés au cursus général. Ils s peuvent parfois être accueillis dans le cadre d’un atelier pendant un temps donné pour produire une œuvre et s’exercer à une pratique qu’ils ne connaissent pas ».
À l’issue de leur passage par ce programme, les étudiants se présentent aux concours des écoles d’art. Ils sont aidés par des tuteurs pour préparer leurs dossiers artistiques. Certains intègrent des résidences d’artistes. D’autres renouent avec l’enseignement.
« L’objectif, c’est aussi de rencontrer d’autres artistes », poursuit Sophie Marino. « Ali Arkady, photoreporter et artiste irakien, a intégré l’école par la suite. Ses œuvres ont été achetées par les Amis des Beaux-Arts. Il enseigne également dans différentes langues, notamment en kurde et en anglais… souvent en visioconférence. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. »
Le programme fêtera ses dix ans en 2027.
Source:
www.radiofrance.fr



