À Hendaye (Pyrénées-Atlantiques), une vague mythique est en sursis. Celle qui roule depuis des décennies sur la Bidassoa, fleuve frontière entre la France et l’Espagne. Des travaux de dragage y sont actuellement menés par le département et la municipalité pour faciliter la circulation des bateaux. Mais le trou de trois mètres de profondeur creusé dans le chenal menace d’effacer le banc de sable indispensable à la formation du spot si prisé.
« Surfée dès 1957, elle fut la première vague française photographiée pour un magazine américain en 1963 ! Des épreuves du Championnat de France y ont même été disputées en 1977 », rappelle Peyo Lizarazu, figure du surf local et porte-parole d’un collectif transfrontalier en lutte pour son maintien.
Car ce ne serait pas une première. Déjà, à la fin des années 1970, le développement du port de pêche avait fait disparaître la vague, avant qu’elle ne renaisse dans les années 2000. Depuis, elle attire surfeurs français et espagnols une trentaine de fois par an. « Elle déferle longtemps et offre un courant naturel qui nous ramène au pic sans effort, décrit le frère de Bixente Lizarazu qui ajoute : Une vague est une ressource rare. On veut convaincre de la patrimonialiser. Faire disparaître un spot, c’est ne pas comprendre son enjeu économique et contribuer aux problèmes de surpopulation et d’accidentologies ».
Les propositions rejetées
Pour ce passionné, investi dans le dossier depuis plus de cinq ans, la cohabitation, sur l’eau, avec les bateaux reste tout à fait possible. « La vague occupe au maximum 80 m de large. Il reste plus des trois quarts de l’espace pour les navires, qui, en outre, circulent principalement l’été, alors que la vague, elle, fonctionne de septembre à mai », explique-t-il.
Invité à la table des discussions depuis 2025, le collectif, qui demande une reconnaissance officielle du surf dans cette zone, a émis plusieurs propositions d’aménagement du dragage. En vain. Entamé le 1er février, celui-ci doit s’achever à la mi-mai. Il faudra attendre les premières houles de septembre pour mesurer leur impact réel. Les surfeurs, eux, se projettent déjà plus loin : une deuxième campagne de travaux est prévue d’ici à 2032. Et cette fois, ils comptent bien se faire entendre. Avec peut-être, l’appui des autorités compétentes voisines – l’Espagne cogérant du fleuve avec la France. « Je sais qu’elles sont de notre côté », conclut Peyo Lizarazu.
Source:
www.leparisien.fr



