Quand un moine lama en vue l’a prise sous son aile, Manon (le prénom a été changé) a eu des étoiles dans les yeux. « Une chance, un honneur », disaient les autres fidèles du centre bouddhiste du Puy-de-Dôme, où la jeune femme d’à peine 20 ans voulait trouver « la sérénité ». Le privilège a tourné au calvaire : elle est devenue sa « bonne à tout faire ». Plus rien à voir avec l’enseignement des préceptes venus d’Extrême-Orient, Manon était une « esclave », tenue d’être disponible à tout moment pour être son chauffeur ou sa secrétaire. Au fil de l’emprise, l’homme, de trente ans son aîné, l’a violée. Depuis, Manon s’est libérée, a déposé plainte et l’agresseur devra passer par la case procès.
Ce lundi, l’Union bouddhiste de France (UBF), qui fédère 80 % des temples dans l’Hexagone, fête ses 40 ans et organise un colloque à Paris, auquel participera le Bureau central des cultes, l’organe du ministère de l’Intérieur chargé de faire le lien entre l’État et les religions. Dans les tuyaux : « la signature d’une convention avec la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) pour prévenir des dérives sectaires », révèle le président, Antony Boussemart.
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