Sécurité & JusticeLe "bannissement numérique" que la justice peut imposer, qu'est-ce que c'est ?

Le "bannissement numérique" que la justice peut imposer, qu'est-ce que c'est ?

C’est une première en France. Les streameurs Naruto et Safine, condamnés mercredi 5 août à des peines de prison avec sursis pour des violences et humiliations en ligne ayant précédé la mort de Jean Pormanove en août 2025, ont également été condamné à un « bannissement numérique ».

Après s’être fait connaître sur Internet au cours de milliers d’heures de live entre 2023 et 2025 sur les plateformes Twitch puis Kick, Owen Cenazandotti, alias Naruto, et Safine Hamadi, dit Safine, se sont vus ainsi interdits de publication sur les plateformes en ligne pendant six mois.

Cette peine a été introduite dans la loi française en mai 2024, dans le cadre de l’application de la loi visant à sécuriser et à réguler l’espace numérique, dite SREN.

Pas d’interdiction générale d’utiliser Internet

L’article 16 prévoit ainsi « la suspension des comptes d’accès à des services en ligne ayant été utilisés pour commettre l’infraction ».

« Ce n’est pas une interdiction générale d’utiliser Internet, ce serait trop large », relève l’avocat spécialisé Raphaël Baksh, de Grenier Avocats, « c’est seulement l’instrument de leur crime qui est concerné ».

Si la durée maximale prévue du bannissement numérique est de six mois, il peut aller jusqu’à un an en cas de récidive.

L’article précise également que « pendant l’exécution de la peine, il est interdit à la personne condamnée d’utiliser les comptes d’accès aux services de plateforme en ligne ayant fait l’objet de la suspension ainsi que de créer de nouveaux comptes d’accès à ces mêmes services ».

En cas de non-respect de cette interdiction, la personne condamnée s’expose à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

Selon la loi, les réseaux sociaux et les plateformes concernées (X, Facebook, Instagram, Twitch, Kick, etc.) ont la charge d’identifier et de bloquer les comptes visés, ainsi que de mettre en place des mesures pour empêcher la création de nouveaux comptes.

Si elles n’appliquent pas ces mesures, elles s’exposent à une amende de 75 000 euros.

Avec AFP


Source:

www.france24.com

Articles similaires

Condamnation exemplaire en Russie : 11 ans pour le vice-président d’Iabloko

Lev Schlosberg, vice-président d'Iabloko, condamné à 11 ans et un mois pour diffusion de fausses informations et discrédit de l'armée.

Darmanin renonce à 2027 et s’engage auprès d’Édouard Philippe

Le garde des Sceaux reunira ses proches le 30 août à Tourcoing pour peser dans la campagne d'Édouard Philippe après l'affaire Lyhanna.

Procès contre Meta : le dossier sur les mineurs entre dans sa phase décisive

Le procès visant Meta s'engage mardi, plusieurs États américains demandent près de 200 milliards de dollars de pénalités.

De la place publique au rendez‑vous politique : la République, cœur des mobilisations de gauche

La place de la République, dominée par la Marianne, s'est affirmée comme point de rassemblement central des mobilisations de gauche à Paris.
spot_img

Articles récents

Condamnation exemplaire en Russie : 11 ans pour le vice-président d’Iabloko

Lev Schlosberg, vice-président d'Iabloko, condamné à 11 ans et un mois pour diffusion de fausses informations et discrédit de l'armée.

Lyon à Istanbul : un barrage décisif contre le Fenerbahçe de Kanté et Greenwood

L’OL se rend à Istanbul mardi pour un barrage de Ligue des champions face au Fenerbahçe de Kanté et Greenwood.

Une méthode plus rapide pour repérer les cyanobactéries, enjeu majeur pour les sites de baignade

Une équipe de l'EPFL développe une approche pour accélérer la détection des cyanobactéries, cruciale pour la sécurité des baignades en période de chaleur.

Darmanin renonce à 2027 et s’engage auprès d’Édouard Philippe

Le garde des Sceaux reunira ses proches le 30 août à Tourcoing pour peser dans la campagne d'Édouard Philippe après l'affaire Lyhanna.

Fuite des données fiscales : un audit réclamé pour retracer l’origine des leaks

Après la mise en vente de données de 678 000 usagers, un audit approfondi est demandé et le plan de sécurisation des systèmes d'État doit être accéléré.
Annonce publicitairespot_imgspot_img