Alors que la décision rendue ce mardi 7 juillet par la justice française dans le procès en appel des assistants parlementaires européens du FN est cruciale pour le parti d’extrême droite puisque c’est elle qui doit décider qui, de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella, sera le candidat du parti à l’Élysée lors de la prochaine présidentielle, le dossier est également très suivi à l’international.
Depuis des mois, tous les sondages montrent avec une grande constance que le candidat du RN pourrait se retrouver au second tour de la présidentielle, le 2 mai prochain. De nombreux pays s’y préparent. Des diplomates étrangers en poste à Paris ont déjà reçu soit Marine Le Pen, soit Jordan Bardella, soit les deux. La présidente du groupe RN à l’Assemblée a par exemple été reçue par l’ambassadeur d’Israël en France, quelques mois après un voyage de Jordan Bardella en Israël. Le même Jordan Bardella a rencontré l’ambassadeur d’Allemagne discrètement avant que l’information ne fuite. Il a aussi vu celui des Émirats arabes unis. Les deux hauts responsables du RN ont été reçus conjointement et ouvertement par l’ambassadeur américain en France, Charles Kushner. Cela correspond parfois à une stratégie de crédibilisation. Mais c’est aussi le travail des diplomates – les Français le font d’ailleurs aussi – d’établir des contacts avec des futurs dirigeants potentiels sans que cela exprime un choix ou un soutien. Charles Kushner a par exemple aussi reçu tout aussi ouvertement Édouard Philippe.
Relative discrétion
Il y a quand même parfois une proximité idéologique. On pense évidemment assez naturellement à l’administration Trump qui assume pleinement de vouloir s’appuyer sur des partis nationalistes pour redresser la trajectoire idéologique de l’Europe ou en matière d’immigration. C’est écrit noir sur blanc dans sa stratégie de sécurité nationale. Rien n’indique cependant que la Maison Blanche ait déjà fait un choix dans la course présidentielle française. Cette relative discrétion s’explique peut-être parce qu’un soutien officiel du président américain est devenu pénalisant électoralement en Europe. Rappelons aussi que ce sont Éric Zemmour et sa campagne Sarah Knafo qui avaient été invités à l’investiture de Donald Trump. On se souvient également de Marine Le Pen attendant en vain en bas de la Trump Tower d’être reçue par le milliardaire en 2017. Ou encore de Jordan Bardella traité de fillette par l’idéologue Steve Bannon, pour avoir quitté un rassemblement conservateur après un salut nazi de l’ancien conseiller de Donald Trump.
Adoption rapide du budget européen
La perspective d’une présidence française RN pousse l’Europe à s’organiser. Le Rassemblement national y est bien connu puisqu’il a des députés au Parlement de Strasbourg. Il y a des contacts avec des diplomates européens. Il est de tradition que les autorités européennes, commission en tête, ne fassent pas de commentaires sur les campagnes électorales des États membres. Mais la perspective de voir la France, membre fondateur, puissance nucléaire, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et contributeur net au budget de l’Union, voter pour un parti hostile à l’Europe, jadis financé par des banques russes, n’enchante pas forcément à Bruxelles, alors que l’Union n’est plus soumise à l’hypothèque Orban. Et aussi bien le président du Conseil Antonio Costa que certains pays comme l’Allemagne ou l’Irlande qui vient de prendre la présidence tournante pressent pour une adoption rapide du budget pluriannuel européen pour la période 2028-2034, au moins avant la fin de l’année. Le but : que cette négociation traditionnellement difficile ne soit pas encore compliquée par la bataille présidentielle française et un RN qui entend bien demander une baisse de la contribution française.
Source:
www.rfi.fr




