Un homme de 24 ans, célibataire, a expliqué aux médecins souffrir systématiquement de céphalées explosives cinq minutes après avoir commencé à regarder des vidéos pornographiques. Son calvaire a duré plus de deux ans. Ce cas a été décrit par des chercheurs indiens dans la revue Archives of Sexual Behavior.
L’IRM n’a révélé aucune lésion cérébrale
Les chercheurs Kuljeet Singh Anand et Vikas Dhikav, de l’Université Guru Gobind Singh Indraprastha de New Delhi, en Inde, expliquent dans leur rapport que les maux de tête du patient atteignaient leur paroxysme huit à dix minutes après le début du visionnage d’un film pornographique. La douleur était si intense qu’il était incapable de poursuivre le visionnage.
Les céphalées ne s’accompagnaient d’aucun autre symptôme : pas de vomissements, de nausées ou de phonophobie (peur des sons forts). Il est précisé dans le rapport de cas que le patient n’avait aucun antécédent de diabète, de traumatisme crânien ou de méningite durant l’enfance, et ne souffrait pas d’hypertension artérielle (des facteurs pouvant donner de violents maux de tête). Dans sa famille, il n’y avait aucun antécédent familial de migraine ni d’antécédents médicaux personnels pouvant évoquer une migraine, une céphalée de tension ou une céphalée d’effort. L’examen clinique n’a rien révélé d’anormal. Même chose pour l’IRM cérébrale.
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Les médecins ont également demandé au patient s’il avait déjà souffert de maux de tête liés aux rapports sexuels ou à la masturbation. Mais il a répondu que son problème survenait uniquement lorsqu’il regardait des vidéos pornographiques. Pour ne plus subir ces violents maux de tête, le jeune homme avait arrêté de regarder des contenus pornographiques.

Le patient souffrait de céphalées coïtales, des maux de tête bénins qui s’intensifient à mesure que l’excitation sexuelle augmente. © gpointstudio, Adobe Stock
Des céphalées liées à l’excitation sexuelle
Les médecins lui ont conseillé de prendre 500 mg de paracétamol et 400 mg d’ibuprofène trente minutes avant de regarder des vidéos pornographiques. Le patient a indiqué que ce traitement avait permis de réduire significativement ses maux de tête.
Dans la revue Archives of Sexual Behavior, le chercheur Kuljeet Singh Anand explique que les maux de tête liés à l’activité sexuelle, aussi appelés céphalées coïtales, sont rares. Elles surviennent généralement pendant un rapport sexuel, au moment de l’orgasme ou peu de temps après. Ce qui rend ce cas inhabituel, c’était que l’homme souffrait de maux de tête après avoir regardé de la pornographie et non après des rapports sexuels ou la masturbation. Les céphalées survenaient quand il était excité, alors qu’il n’y avait pas eu d’éjaculation.

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Environ 1 % de la population, principalement des hommes, souffre de maux de tête liés à l’activité sexuelle. La simple excitation peut, chez certaines personnes, déclencher des modifications de la sensibilité nerveuse, de la tension musculaire et du flux sanguin cérébral, ce qui peut altérer la perception de la douleur.
Un état émotionnel intense qui augmente la sensibilité à la douleur
Heureusement, les maux de tête liés à certaines activités, comme les rapports sexuels ou l’exercice physique (céphalées d’effort), peuvent être soulagés par la prise d’antalgiques. Cependant, ils peuvent parfois être le signe d’une tumeur ou d’un anévrisme (ce qui n’était pas le cas pour cet homme).
« Les mécanismes probables à l’origine des maux de tête dans ce cas précis pourraient être une altération des mécanismes nociceptifs [ndlr, la nociception désigne les processus neuronaux d’encodage et de traitement des stimuli nocifs] du système trigéminovasculaire, avec une sensibilité accrue à la douleur associée à un état émotionnel intense lié au visionnage de pornographie », ont conclu les chercheurs.
Le système trigéminovasculaire assure le tonus neuro-vasculaire. Il est constitué des neurones du nerf trijumeau qui innervent les vaisseaux sanguins du cerveau. Certains experts pensent que ce système pourrait jouer un rôle dans certains types de maux de tête, dont les céphalées coïtales.
Source:
www.futura-sciences.com



