Un Atelier de Création Radiophonique pour une Expérience d’Anne Girard Esposito réalisée par Thomas Dutter
Poullaouen, c’est le village de naissance de Loeiz Ropars, l’homme à l’origine du renouveau de la danse bretonne dans les années 1950. Erik Marchand, chanteur renommé, vivait également ici, comme de nombreux musiciens. A Poullaouen, le relai d’une tradition chantée, jouée et dansée semble traverser le temps, porté par une danse qu’on dit parfois aussi transe. Dans la petite salle des fêtes, une foule se presse alors. On vient y danser la gavotte, une danse traditionnelle dont la pratique ne s’est jamais vraiment éteinte dans cette région.
C’est un fest-noz, une “fête de nuit”, un événement classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2012. Mais cette nuit-là, une fois par an, on ne fait que ce seul et même pas de danse, celui de la gavotte, pendant 7 à 8 heures d’affilées. Rassemblés les uns contre les autres, tous s’adonnent à une danse unique pour la nuit, en chaîne serrée, dans une communion sonore et humaine intense. Dans une sorte d’euphorie générale, par le passé, on élisait même “l’Empereur Gavotte”, que l’on couronnait et qui paradait, sous les rires et les mélodies…
Les années 2020 et l’épidémie de Covid ont porté un coup à l’évènement. On se disait même que c’était fini. Mais la passion est toujours là. Doucement, la gavotte revient, rien ne l’arrête. Alors ici, en dialogue avec des morceaux de cette nuit au rythme battant, chacun se souvient, en voisin, en chanteur, en ancien participant, en danseur. Chacun raconte la gavotte. Et la tradition continue à se tisser malgré tout.
A travers les voix, les récits et les impressions, tournant autour de la fête sans la dire entièrement, en écho à des extraits de récits de Pier Jakez Hélias (Les autres et les miens), rythmé par des archives, le documentaire se mue en réflexion sur la danse populaire. Il trace des lignes entre une pratique ancestrale et un événement contemporain. On croise quelques personnages, qui prennent vie dans la capsule sonore du documentaire et racontent une histoire qui défie le temps et les époques : celle de la danse et de sa signification sociale. Le documentaire entend aussi résonner implicitement avec le travail radiophonique de Yann Paranthoën enregistré en Bretagne.
Pour aller plus loin
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Une autre Expérience d’Anne Girard Esposito à (ré)écouter
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Générique
Avec : Michèle Le Guilloux, habitante de Poullaouen ; Erik Marchand, chanteur et musicien ; Marthe Vassallo, chanteuse ; Jean Le Floch, accordéoniste ; Yves De France, ethnomusicologue ; Mr. Le Faucheur, habitant de Poullaouen ; Olivier Urvoy, musicien et empereur gavotte ; Isabelle Guegan, danseuse
Extraits d’archives : Yves Ménez (Dastum), Loeiz Ropars (Christophe Le Menn), Louis Lofficial (Dastum), Catherine Guern (Dastum)
Textes : les textes qui ouvrent et ferment le documentaire sont extraits de Les autres et les miens de Pierre Jakez Elias
Mixage : Manu Couturier
Réalisation : Thomas Dutter
Remerciements
Merci à tous les chanteurs, musiciens et danseurs de la Nuit de la Gavotte ; merci à Glenn Le Merdy, à Marthe Vassallo, à Hermann Strack, à Jacques Le Boulanger, à l’association Dans Tro, en particulier à Yann Le Boulanger et Jean-Pierre Quéré
Nous dédions ce documentaire à Erik Marchand, roi de la gavotte disparu à l’automne dernier
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