L’administration Trump a annoncé mardi vouloir exempter le secteur spatial privé américain de nombreuses contraintes environnementales, une dérégulation assumée qu’elle justifie par le besoin d’augmenter la cadence des lancements spatiaux et de rivaliser avec la Chine.
« Les États-Unis ont remporté la première course à l’espace, et nous pouvons réitérer cet exploit, mais seulement si nous parvenons à éliminer les obstacles administratifs », a déclaré le ministre des Transports Sean Duffy dans un communiqué.
L’administration américaine souhaite que les régulateurs puissent faire fi des « exigences de 13 lois fédérales » sur la protection des espèces menacées, la qualité de l’eau et de l’air ou encore la protection des environnements côtiers afin d’attribuer « certaines licences et permis spatiaux commerciaux ».
Lire aussi PODCAST. Sixième Science, épisode 133 : quel est le vrai bilan carbone de l’industrie spatiale ?
Face à la Chine, les États-Unis misent sur leurs champions privés pour conserver leur avance spatiale
Des exemptions qui permettraient aux entreprises spatiales « d’obtenir plus rapidement et plus facilement les autorisations nécessaires pour lancer des fusées, faire rentrer des engins spatiaux dans l’atmosphère et exploiter des sites de lancement », fait valoir le régulateur de l’aviation (FAA).
Auparavant réservé aux Etats, le domaine de l’espace s’est ouvert à partir du début des années 2000 aux acteurs privés, comme les entreprises des multimilliardaires Elon Musk et Jeff Bezos dont l’importance n’a depuis cessé de croître, particulièrement aux Etats-Unis.
Son secteur privé domine ainsi aujourd’hui le marché mondial des lancements spatiaux, mais la Chine rattrape son retard à grande vitesse et ambitionne comme Washington d’envoyer des hommes sur la Lune d’ici à 2030.
Lire aussi Une sonde chinoise atteint un astéroïde à 1 milliard de km
Les défenseurs de l’environnement dénoncent un « cadeau » aux milliardaires
Fustigeant « un cadeau obscène » fait à l’industrie, Brett Hartl, responsable de l’ONG Center for Biological Diversity, a annoncé son intention de contester cette proposition.
« La Nasa mène depuis des décennies des lancements spatiaux de manière responsable, mais aujourd’hui, Trump veut supprimer même les mesures de protection environnementale les plus élémentaires afin d’enrichir certaines des personnes les plus riches du monde », a-t-il dénoncé dans un communiqué.
Lire aussi Une colonie martienne et des datacenters spatiaux : les folles promesses de Musk aux investisseurs
L’entreprise d’Elon Musk SpaceX, qui opère un nombre de lancements record, est dans le viseur des associations qui dénoncent l’impact environnemental de ses activités de développement de la mégafusée Starship sur un site texan situé à proximité de zones naturelles protégées.
Ces mesures publiées dans le journal officiel peuvent encore être modifiées avant d’entrer en vigueur.
Source:
www.sciencesetavenir.fr




