Félicité Herzog rejoint la société Areva en 2007 à l’invitation d’Anne Lauvergeon, rencontrée chez Lazard. Elle y prend en charge le développement stratégique dans un contexte déjà fragilisé (l’acquisition ruineuse d’UraMin pour 1,8 milliard d’euros, les déboires de l’EPR finlandais, les retards de Flamanville). Elle décrit un univers d’ingénieurs très masculin, traversé de batailles de pouvoir homériques entre EDF, Alstom et Areva, et rendu encore plus instable par le limogeage d’Anne Lauvergeon par Nicolas Sarkozy en 2011, une éviction qu’elle lit comme le produit conjugué de pressions politiques et de rivalités industrielles, dans un monde de l’énergie atomique structurellement opaque.
L’épisode s’attarde également sur ce que ces années ont révélé de la condition des femmes dans les hautes sphères du pouvoir français. En 2011, elle prend un an pour écrire et s’occuper de ses trois enfants, parenthèse qui coïncide avec la parution d’Un héros —, avant de poursuivre une réflexion critique qui culminera dans La France retrouvée en 2017, où elle dénonce le sexisme des instances dirigeantes, la reproduction sociale des élites et le retard français face aux mutations économiques. Dix ans après cet essai, elle observe que si la loi Rixain de 2021 a imposé des quotas de femmes dans les directions d’entreprise, les résistances culturelles demeurent profondes, et le constat sur les élites fermées reste, pour l’essentiel, valable.
Générique
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Bibliographie
Félicité Herzog, Une brève libération, Stock, 2023. Prix Simone Veil et Prix Historia.Félicité Herzog, La France retrouvée, Flammarion, 2017.Félicité Herzog, Gratis, Gallimard, 2015.Félicité Herzog, Un héros, Grasset, 2012.
Source:
www.radiofrance.fr



